mardi 12 mai 2015

Leçon 9 : La décolonisation au Sénégal [Supports de cours]



Document 1 : La conférence de Brazzaville
La Conférence africaine française de Brazzaville a cru devoir poser le principe ci-après :
« Les fins de l'œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d'autonomie, toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'Empire ; la constitution éventuelle, même lointaine, de self-governments dans les colonies est à écarter. » (…)
2- Il est indispensable que la représentation des colonies auprès du pouvoir central dans la métropole soit assurée d'une manière beaucoup plus large et plus efficace que par le passé.
Extrait des recommandations de la conférence, le 6 février 1944, en ligne, <http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/discours-de-brazzaville.asp> [Consulté le 6/6/2011 à 19h04].

Document 2 : La profession de foi de Lamine Guèye et de Léopold Sédar Senghor pour les élections générales du 21 Octobre 1945.
Electeurs Sénégalais et Mauritaniens,
Le 21 octobre prochain, vous aurez à élire vos représentants à l'Assemblée chargée de donner une nouvelle constitution au peuple français.
Les pouvoirs de cette Assemblée seront limités dans leur durée et dans leur objet. Il s’agit, comme vous le savez, de définir les bases de la nouvelle République française et, en ce qui concerne plus particulièrement les pays d’Outre-mer, la place qui devra leur être faite dans ce qu’on appelle la "Communauté Française ou l’Union Française". (….)
Notre programme se résume en une formule bien simple : une seule catégorie de Français ayant exactement les mêmes droits puisque tous sont soumis aux mêmes devoirs y compris celui de mourir pour la même Patrie. A nos yeux, la distinction actuelle entre citoyens et sujets français n’est pas seulement un anachronisme, mais encore une conception humiliante autant pour la France que pour nous-mêmes. (…).
Source : A. Ly, Les regroupements politiques au Sénégal (1956-1970), Dakar, CODESRIA, 1992, Annexe 1, pp. 347-348.

Document 3 : Le contenu de la loi-cadre
La loi-cadre répondait d’abord à de veilles revendications, celles du suffrage universel et le collège unique. Elle assurait aux Assemblées territoriales un pouvoir délibérant élargi pour l’organisation et la gestion des services territoriaux. Elle créait surtout une nouvelle institution, le Conseil de gouvernement, élu par l’assemblée territoriale, dont les membres portaient le nom de ministres et assuraient la gestion des affaires du territoire sous l’autorités de l’un d’eux, le vice-président, et du chef du territoire nommé par le Conseil des ministres de la République française, et président de droit du Conseil de gouvernement.
Christian Roche, Le Sénégal à la conquête de son indépendance, Paris, Karthala, 2001, p.170.
Document 4 : Pour ou contre l’indépendance
« Il ne peut donc y avoir aucune hésitation. La politique du Sénégal, clairement définie, s’est fixée trois objectifs qui sont, dans l’ordre où elle veut les atteindre :
- L’Indépendance
- L’unité africaine
- Et la confédération. (…)
L’Indépendance est un préalable. Elle n’est pas une fin en soi. (…)
Je peux, et j’ai même le devoir de déclarer que demain tous les Oui ne comporteront pas une renonciation délibérée à l’Indépendance et que tous les Non ne traduiront pas une volonté de rupture complète. Il y a là une possibilité de malentendu, aussi grave dans l’un ou l’autre cas ».
Discours de Valdiodio Ndiaye, le 26 août 1958 à la place Protet, en ligne < http://www.villededakar.org>, [consulté le 08/06/2011]
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« Je veux dire un mot d’abord aux porteurs de pancartes. Voici ce mot : s’ils veulent l’indépendance à leur façon, qu’ils la prennent le 28 septembre. Mais s’ils ne la prennent pas, alors, qu’ils fassent ce que la France leur propose : la communauté franco-africaine.
Mais nous ne contraignons personne. Nous demandons qu’on nous dise « oui » ou qu’on nous dise « non ». Si on nous dit « non », nous en tirerons les conséquences. Si on nous dit « oui », nous serons des frères pour prendre la route côte à côte, la route des grandes destinées ».
Discours de Charles de Gaulle, le 26 août 1958 à la place Protet, en ligne, <http://www.charles-de-gaulle.org>, [consulté le 08/06/2011].