Document 1 : La conférence de Brazzaville
La Conférence africaine française de
Brazzaville a cru devoir poser le principe ci-après :
« Les fins de l'œuvre de
civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée
d'autonomie, toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'Empire ;
la constitution éventuelle, même lointaine, de self-governments dans les
colonies est à écarter. » (…)
2- Il est indispensable que la
représentation des colonies auprès du pouvoir central dans la métropole soit
assurée d'une manière beaucoup plus large et plus efficace que par le passé.
Extrait des recommandations de la conférence, le 6
février 1944, en ligne, <http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/discours-de-brazzaville.asp>
[Consulté le 6/6/2011 à 19h04].
Document 2 : La profession de foi de Lamine Guèye et de Léopold
Sédar Senghor pour les élections générales du 21 Octobre 1945.
Electeurs
Sénégalais et Mauritaniens,
Le 21 octobre
prochain, vous aurez à élire vos représentants à l'Assemblée chargée de donner une nouvelle constitution au peuple français.
Les pouvoirs de
cette Assemblée seront limités dans leur durée et dans leur objet. Il s’agit,
comme vous le savez, de définir les bases de la nouvelle République française
et, en ce qui concerne plus particulièrement les pays d’Outre-mer, la place qui
devra leur être faite dans ce qu’on appelle la "Communauté Française ou
l’Union Française". (….)
Notre programme se résume en une
formule bien simple : une seule catégorie de Français ayant exactement les
mêmes droits puisque tous sont soumis aux mêmes devoirs y compris celui de
mourir pour la même Patrie. A nos yeux, la distinction actuelle entre citoyens
et sujets français n’est pas seulement un anachronisme, mais encore une
conception humiliante autant pour la France que pour nous-mêmes. (…).
Source : A. Ly, Les regroupements politiques au Sénégal
(1956-1970), Dakar, CODESRIA, 1992, Annexe 1, pp. 347-348.
Document 3 : Le contenu de la loi-cadre
La loi-cadre répondait d’abord à de
veilles revendications, celles du suffrage universel et le collège unique. Elle
assurait aux Assemblées territoriales un pouvoir délibérant élargi pour
l’organisation et la gestion des services territoriaux. Elle créait surtout une
nouvelle institution, le Conseil de gouvernement, élu par l’assemblée territoriale,
dont les membres portaient le nom de ministres et assuraient la gestion des
affaires du territoire sous l’autorités de l’un d’eux, le vice-président, et du
chef du territoire nommé par le Conseil des ministres de la République
française, et président de droit du Conseil de gouvernement.
Christian Roche, Le
Sénégal à la conquête de son indépendance, Paris, Karthala, 2001, p.170.
Document
4 : Pour ou contre l’indépendance
« Il
ne peut donc y avoir aucune hésitation. La politique du Sénégal, clairement
définie, s’est fixée trois objectifs qui sont, dans l’ordre où elle veut les
atteindre :
-
L’Indépendance
- L’unité
africaine
- Et la confédération.
(…)
L’Indépendance
est un préalable. Elle n’est pas une fin en soi. (…)
Je peux,
et j’ai même le devoir de déclarer que demain tous les Oui ne comporteront pas
une renonciation délibérée à l’Indépendance et que tous les Non ne traduiront
pas une volonté de rupture complète. Il y a là une possibilité de malentendu,
aussi grave dans l’un ou l’autre cas ».
Discours de Valdiodio Ndiaye, le 26 août 1958 à la place Protet,
en ligne < http://www.villededakar.org>, [consulté le
08/06/2011]
---------------------------------------
« Je
veux dire un mot d’abord aux porteurs de pancartes. Voici ce mot : s’ils
veulent l’indépendance à leur façon, qu’ils la prennent le 28 septembre. Mais
s’ils ne la prennent pas, alors, qu’ils fassent ce que la France leur propose :
la communauté franco-africaine.
Mais
nous ne contraignons personne. Nous demandons qu’on nous dise « oui »
ou qu’on nous dise « non ». Si on nous dit « non », nous en
tirerons les conséquences. Si on nous dit « oui », nous serons des frères
pour prendre la route côte à côte, la route des grandes destinées ».
Discours de Charles de Gaulle, le 26 août 1958 à la
place Protet, en ligne, <http://www.charles-de-gaulle.org>,
[consulté le 08/06/2011].